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Algérie - Portugal : La fin d'un différend vieux de 10 ans
La coopération algéro-portugaise, en matière énergétique, vient d'être renforcée par un accord qui met fin à un différend datant d'une dizaine d'années.
Dans une déclaration, en marge de la visite du Premier ministre portugais, M. José Socrates, à Alger, M. Chakib Khelil, ministre de l'Energie et des Mines, a indiqué, hier, que l 'Algérie et le Portugal ont réglé un différend vieux de plus de dix ans portant sur l'engagement portugais de donner des actions de son groupe pétrolier GALP à Sonatrach. «Nous avons réglé un différend concernant l'engagement fait il y a plus de dix ans par le Portugal de nous donner 7% d'actionnariat dans le GALP», a déclaré M. Khelil. Ce dernier a ajouté que le gouvernement portugais actuel a « heureusement honoré cet engagement, puisque maintenant Sonatrach détient une participation dans EDP » (Energias de Portugal).«Cela règle un peu le problème du différend qui existait, mais c'est un accord stratégique entre les deux sociétés, car EDP a besoin de gaz et Sonatrach a besoin d'EDP pour développer des marchés d'électricité et de gaz», a-t-il ajouté. Tout en rappelant que cet accord concernait, au départ, la péninsule ibérique, M. Khelil a indiqué que les deux sociétés sont en train, actuellement, de signer un accord qui va leur permettre de travailler ensemble dans le domaine international, en particulier dans les pays d'Amérique latine où EDP a une présence de même pour Sonatrach qui est engagée dans le grand projet de gaz Camisea au Pérou. Pour le ministre algérien, il s'agit d'une relation stratégique que les deux sociétés vont développer davantage. « Nous sommes heureux car les deux parties y gagnent», estime M. Khelil.
Sans la spéculation, le pétrole serait à 70 dollars
Abordant la question inhérente au marché pétrolier et aux prix du baril, le ministre de l'Energie et des Mines et président en exercice de l'OPEP a indiqué que le prix du baril de pétrole serait de 70 dollars «s'il n'y avait pas de bulle spéculative». En terme de fondamentaux, précise le ministre, il n'y a pas de problème d'offre et de demande. « Il y a beaucoup plus une bulle due à la spéculation qui se base sur la dépréciation du dollar et les tensions géopolitiques qui vont en augmentant dans le futur», a-t-il souligné.
Tout en affirmant que l'offre du brut est largement suffisante, M. Khelil a souligné que la crise économique aux Etats-Unis, qui a entraîné une forte baisse du dollar, ainsi que les menaces contre l'Iran, ont augmenté les tensions géopolitiques. Deux importants facteurs qui, selon le ministre, ont conduit à ce qu'il y ait une augmentation du prix du pétrole qui n'a rien à voir avec l'offre et la demande. «S'il n'y avait pas ces facteurs, le prix du pétrole serait probablement à 70 dollars», a-t-il dit, précisant qu'il y avait, dans le prix actuel du brut qui a approché récemment 140 dollars le baril, «quelque 40 dollars dus à la dépréciation du dollar.» M. Khelil a tenu, par ailleurs, à préciser que le problème de l'augmentation des prix des produits pétroliers des pays consommateurs est dû surtout à la forte taxation de ces produits. Il signalera, à ce titre, qu'en Europe, par exemple, le prix à la pompe contient plus de 75% de taxes. Les pays consommateurs, pour diminuer le prix de l'essence, « pourraient abaisser les taxes, mais ils seraient alors confrontés à une augmentation de la consommation : c'est un dilemme mais c'est le seul moyen en attendant que les prix du pétrole redescendent», a estimé le président de l'Opep.
M. Khelil a annoncé, à l'occasion, que l'Opep allait se réunir, comme prévu, le 9 septembre pour évaluer le marché du pétrole et prendre des décisions pour le stabiliser. Sur une question liée à la crise mondiale du mazout, le ministre a indiqué que cette crise a créé des difficultés pour certains pays, comme l'Algérie et l'Iran, dans la commercialisation de leur pétrole. Il soulignera aussi que le pétrole algérien, le Sahara Blend, est très léger, c'est en quelque sorte «le champagne du pétrole» mais, dira-t-il, il y a une très forte demande sur le mazout tiré du pétrole lourd, ce qui rend plus difficile pour nous de vendre notre brut. L'Algérie «y arrive de toute façon », a-t-il assuré, affirmant que les revenus pétroliers de l'Algérie «ne seront absolument pas affectés».
Sept accords signés
Soulignons enfin que deux accords intergouvernementaux, portant sur les transports et les finances, ont été signés hier entre l'Algérie et le Portugal. Le premier accord est un protocole de coopération financière signé par la ministre déléguée à la réforme financière, Mme Fatiha Mentouri, et le secrétaire d'Etat portugais au Trésor et aux Finances, M. Carlos Pina. De leur côté, les ministres des Affaires étrangères des deux pays, MM. Mourad Medelci et Luiz Damato, ont signé un accord sur les transports routiers internationaux et le transit des voyageurs et des marchandises. Par ailleurs, et selon l'APS qui cite des sources diplomatiques, cinq accords sectoriels ont été signés en marge de cette visite. Il s'agit, selon les mêmes sources, d'accords entre la Sonatrach et EDP (Energias de Portugal), entre la Banque nationale d'Algérie (BNA) et la Caisse de dépôt du Portugal, les Postes des deux pays, l'Agence nationale de promotion de commerce extérieur (Algex) et l'AICEP, son homologue portugaise, et un accord dans le secteur des assurances.
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