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Election aujourd’hui du président de la République libannais

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Après avoir flirté avec les périls de la guerre civile, le pays du Cèdre entame aujourd’hui une difficile normalisation. Les députés libanais sont appelés, en effet, aujourd’hui à nommer le nouveau chef de l’Etat.

Son nom est déjà connu. Il s’agit du général Michel Sleimane. Depuis décembre, la majorité, soutenue par les Occidentaux et l’Arabie saoudite, et l’opposition s’étaient mises d’accord sur le nom du Président, mais les âpres luttes de pouvoir en empêchaient l’élection. Après plus de six mois de vacance, situation ubuesque pour une République, le poste de Président va être enfin assuré. Il s’agira de la première étape d’un processus politique entamant la reconstruction des institutions mises à mal par un bras de fer fratricide. Après l’élection du chef de l’Etat, des tractations seront engagées pour la désignation, mardi prochain, d’un Premier ministre. Restera alors la formation d’un gouvernement d’union qui mènera le pays jusqu’aux élections générales de 2009.

Le pays du Cèdre, miné par 18 mois de crise, d’assassinats de personnalités politiques et de violences sanglantes, ingrédients qui avaient grand ouvert la porte aux démons de la guerre fratricide, entame un tournant décisif. L’élection aujourd’hui du général Sleimane est la première étape de l’accord paraphé mercredi à Doha. Un accord dont on dit qu’il donne la part belle à l’opposition. Cette dernière n’a eu de cesse, depuis l’agression israélienne de l’été 2006, d’exiger une minorité de blocage dans le futur gouvernement. Légitime revendication, il faut dire, pour une tendance politique populaire au sein de la société libanaise. Notamment lorsque l’avenir du pays est engagé. Mais les sceptiques, sous l’influence occidentale, dénoncent les «insuffisances» de l’accord qatari. A leurs yeux, la question de fond n’a pas été traitée. Celle de l’armement de la résistance. Une question qui devrait être mise de côté pour avancer.

L’élection d’aujourd’hui amorce la relance des institutions du pays frappées par la paralysie depuis novembre 2006. Prudent, le général Sleimane a d’ores et déjà prévenu qu’il ne pourrait assurer seul la sécurité d’un pays aussi fragile. «La sécurité ne peut être gagnée par la force, mais à travers une volonté politique. Un seul parti ne peut seul construire le pays», a déclaré le chef de l’armée depuis 1998 et futur Président à la presse. C’est fort de son statut d’homme du consensus qu’il entamera sa nouvelle délicate mission.
 
L’accord de Doha a soulevé un vent de satisfaction au Liban et dans le Monde arabe. Mais sa mise en œuvre pourra-t-elle enterrer les risques d’implosion ? En tout état de cause, la page d’incertitude est toujours ouverte dans un pays fortement imbriqué dans les rapports de forces antagoniques des différents acteurs de la région .
 
Source La Tribune                                                                                                                  
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